Depuis quelque temps, j’ai cette envie irrésistible de marcher, qu’il soit 20h ou 3h. Alors je marche, sans vraiment savoir où je vais. Il fait nuit, le vent se lève. Je commence à ressentir le froid. J’aurais du porter mon manteau, au moins une veste, une chemise, un pantalon… des bas. Suis-je nu? Mon corps frissonne comme on le peut, sorti du berceau originel. Sans en prendre conscience, je cours déjà – le souffle court. À chaque instant, dans cette nuit dense, chaque instant où une voiture passe, les yeux d’un effrayé se retournent tel un fauve. Tout ce que je possède, c’est se casque d’écouteur qui émancipe mon cœur, qui me crache un son fort et sec, so dry. Où vais-je? Je ne sais plus, mais je n’ai pas envie de me diriger dans une direction précise. Je tourne, je contourne, mais au final, je n’ai pas réussi à me perdre… Les murs se ressemblent tous, les lampadaires tracent votre chemin sans que vous en rendiez compte. C’est un complot. La réalité est lourde, hors de question que vous vous échappez.
Depuis combien de temps est-ce que je marche? Je ne ressens plus mes pieds, encore moins mon souffle. Je suis revenu au point de départ. Pourquoi… Suis-je donc prisonnier?